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La population de grands hapalémurs protégée par Helpsimus a quasiment triplé en 10 ans !

Le programme Bamboo Lemur a été initié en 2008 après de la découverte de deux groupes de grands hapalémurs (Groupes 1 et 2), comprenant chacun une vingtaine d’individus à l’époque.

Grand hapalémur © S. Meys

Entre 2008 et 2014, la croissance de la population résulte non seulement de la mise en œuvre des premières mesures de protection, mais également de la découverte de cinq nouveaux groupes.

À partir de 2014, année marquée par l’arrêt des prospections, l’augmentation de la population est exclusivement attribuable aux mesures de protection en place.

Elle est d’ailleurs constante depuis cette date, à l’exception de 2022 où une cinquantaine d’individus n’ont pas été retrouvés à la suite du passage de deux cyclones de forte intensité.

Depuis 2018, le nombre de naissances se situe généralement autour de 70 par an, avec des pics dépassant occasionnellement les 80. Ces chiffres sont exceptionnels, surtout si l’on considère que cette espèce était au bord de l’extinction il y a une quinzaine d’années.

© D. Roullet – Helpsimus

Les Groupes 1 et 2 se distinguent par une croissance exceptionnelle, alors même qu’ils vivent dans la partie de notre zone de conservation la plus impactée par l’activité humaine. Cet endroit, bien que fortement anthropisé, présente une abondance de bambous qui constitue la principale source alimentaire des grands hapalémurs. De plus, le Groupe 2 s’est révélé être le plus prolifique au sein de la population. Il a dépassé occasionnellement les 80 individus, avec des records de naissances (jusqu’à 15 bébés répertoriés en 2018).

Ces 2 groupes ont également subi plusieurs fissions, conduisant à la formation des Groupes 3, 1’ et 1’’ pour le Groupe 1, et des Groupes 2′, 2’’ et 4 pour le groupe 2. Par la suite, les Groupes 1’’ et 4 ont également connu une division, donnant ainsi naissance aux Groupes 1’’’ et 4’.

Les fissions au sein des groupes ont eu diverses origines. Certaines fissions ont été directement liées à des actions humaines, notamment des défrichements importants sur le territoire des lémuriens, ainsi qu’à des chasses aux tenrecs effectuées par les villageois avec l’aide de chiens. D’autres ont été d’origine naturelle, se produisant lorsque les groupes atteignaient une taille dépassant généralement les 60 à 80 individus. Enfin, certaines fissions ont été la conséquence de facteurs climatiques intenses, notamment les deux cyclones survenus en 2022. Ces cyclones ont causé des dommages considérables, détruisant jusqu’à 40 % des forêts de bambou. Cette destruction a eu pour conséquence une diminution significative des ressources alimentaires des grands hapalémurs, entraînant ainsi la dispersion des animaux.

Défrichements © S. Meys

La population de grands hapalémurs directement protégée par Helpsimus vient aujourd’hui de dépasser les 650 individus, répartis au sein de 21 groupes. La taille de ces groupes varie, allant d’un peu moins de 30 à près de 80 individus.

Les 21 groupes sont suivis par une équipe de 30 guides locaux qui ont pour missions :

-de suivre les groupes : localiser les animaux et délimiter leur territoire en utilisant des GPS, effectuer des comptages réguliers pour mettre à jour les inventaires, signaler les menaces telles que la présence de chiens ou de pièges, et rendre compte des attaques des grands hapalémurs dans les cultures.

-de repousser les grands hapalémurs hors des zones de culture.

-d’accompagner les équipes scientifiques.

-de participer aux inventaires et au programme d’éducation environnementale.

Guide Helpsimus © S.Meys
Guide Helpsimus © S. Meys

En plus des 21 groupes régulièrement suivis, trois nouveaux groupes formés après les cyclones de 2022 et nommés 8′, 8 » et 10, ne font pas l’objet d’un suivi régulier. Ensemble, ces groupes totalisent une trentaine d’individus.

Le site du programme Bamboo Lemur abrite aujourd’hui la plus grande population sauvage de grands hapalémurs. Ce succès est attribuable à notre approche holistique de la conservation qui vise à combattre la pauvreté au sein des populations locales, les rendant ainsi capables de protéger leur biodiversité de manière durable. Le grand hapalémur est actuellement la seule espèce de lémurien dont les populations sont en augmentation. Partant de moins de 100 spécimens en 2008, il est probable que la population dépasse maintenant les 1500 individus à Madagascar. Cependant, malgré cette croissance, l’équilibre demeure fragile, comme démontré en 2022 avec les cyclones. La population de grand hapalémur a néanmoins montré une résilience remarquable face à ces événements, en partie grâce aux mesures mises en place pour limiter les pressions sur son habitat.

Boutique en ligne

La boutique en ligne d’Helpsimus est désormais ouverte ! En acquérant votre exemplaire de « Le Fantôme de la Forêt », dont la vente est officiellement lancée, vous contribuerez au financement du quatrième livret !

Sans trop en dévoiler, sachez que les hapalémurs de Ranomafana seront les héros du prochain opus.
Le nombre d’exemplaires de « Le Fantôme de la Forêt » disponibles à la vente est limité, les autres seront distribués gratuitement aux enfants de l’École des Simus.

Rendez-vous sur : https://shop.helpsimus.org

Nous vous remercions d’avance pour votre ou vos achats.


Rapport annuel 2022

Retrouvez le rapport annuel des activités de Helpsimus pour l’année 2021 !

Création de l’École des Simus et développement de notre programme d’éducation environnementale

Notre programme d’éducation environnementale a pris un nouveau tournant en 2022 avec la création de l’École des Simus, notre maison de l’éducation à l’environnement.

L’école, qui a été construite à Sahofika, comprend également une cuisine et un réfectoire permettant d’accueillir les enfants issus de l’ensemble de nos villages partenaires et d’organiser des activités sur plusieurs jours.

L’École des Simus © D. Roullet

L’École des Simus avec en premier plan le réfectoire et la cantine © D. Roullet

Le recrutement d’un nouvel éducateur, Laurent, ainsi que la décision de faire désormais superviser notre programme d’éducation environnementale par notre partenaire Impact Madagascar, nous permettent en outre d’organiser davantage d’activités pour les enfants.

Laurent © D. Roullet

L’année dernière, nous avons ainsi réalisé 65 ateliers pédagogiques, auxquels ont participé 1866 enfants.

Nous avons introduit de nouvelles activités, en particulier un atelier intitulé « Je prends soin de la forêt ». Cet atelier vise à sensibiliser les enfants à l’importance des forêts en leur apprenant à s’occuper des arbres qu’ils ont eux-mêmes plantés à proximité de leur école.

Atelier « Je prends soin de la forêt » © D. Roullet

De plus, pendant les grandes vacances, nous avons organisé nos 2 premières classes vertes dans le Parc National de Ranomafana qui ont regroupé une trentaine d’enfants. Ils ont été émerveillés par ce lieu qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion de visiter.  Ils ont pu observer des lémurs à ventre roux, des propithèques d’Edwards, des lémurs à front roux, mais aussi de nombreuses espèces végétales endémiques. Ils ont découvert les différents rôles de la forêt et l’interdépendance des êtres vivants dans cet écosystème.

En 2022, nous avons également organisé sept visites du fragment forestier de Sahofika, dont deux pendant les vacances de Noël au moment du lancement de l’Ecole des Simus. Ces visites ont permis à 43 enfants d’observer les grands hapalémurs (Groupe 5) et la famille de lémurs à ventre roux (suivie depuis 2017). Les enfants ont rapidement identifié ces derniers comme les héros de leur livret illustré intitulé « le refuge de Noro ».

Visite du fragment forestier de Sahofika © Impact Madagascar
Visite du fragment forestier de Sahofika © Impact Madagascar
Visite du fragment forestier de Sahofika © Impact Madagascar
Repas dans le réfectoire de l’école des Simus © Impact Madagascar
Activités dans l’École des Simus après la visite en forêt © Impact Madagascar
Activités dans l’École des Simus après la visite en forêt © Impact Madagascar
Activités dans l’École des Simus après la visite en forêt © Impact Madagascar
Activités dans l’École des Simus après la visite en forêt © Impact Madagascar

En septembre et octobre, Laurent et Mary se sont concentrés sur la préparation de la Fête des Simus, un événement majeur qui n’avait pas eu lieu depuis le début de la pandémie. Environ 150 enfants ont participé à cet événement, présentant des spectacles de chant et de danse. Laurent a même composé une chanson spécialement pour cette occasion, qui a été reprise par plusieurs écoles.

Fête des Simus © D. Roullet

Ainsi, l’année 2022 a été particulièrement riche pour notre programme d’éducation environnementale dont l’objectif principal est de permettre aux enfants de mieux connaître leur biodiversité et d’apprendre à la préserver.

Le gardiennage des rizières (bilan au 1er juillet 2022)

En 2022, nous avons étendu le gardiennage des rizières à l’ensemble de notre zone d’intervention pour protéger les seules cultures qui ont résisté aux 2 cyclones de 2022.

Pour rappel, le riz représente moins de 0,5% de l’alimentation des grands hapalémurs, cependant, des groupes de 60 à 80 individus peuvent détruire jusqu’à 80% d’une parcelle de riz qui en temps normal assure la subsistance d’une famille d’agriculteurs pendant plusieurs mois.

© D. Roullet

La vidéo ci-dessous explique le fonctionnement du gardiennage.

L’équipe des gardiens est aujourd’hui composée de 60 personnes, leur nombre a ainsi été multiplié par 5 en presque 3 ans.

Le nombre de bénéficiaires a été multiplié par plus de 3 en presque 3 ans. Ce sont désormais 131 agriculteurs qui bénéficient de ce programme.

En 2022, 672 rizières ont été protégées contre les attaques de grands hapalémurs.

D’avril à juin, 412 attaques ont ainsi été repoussées dans 188 rizières.

A part quelques incidents isolés dans seulement 12 rizières, aucun dégât n’a été constaté dans les 660 autres rizières surveillées.

Le gardiennage permet non seulement de protéger efficacement les rizières mais également de créer des emplois dans une période de grande précarité.

Rapport annuel 2021

Retrouvez le rapport annuel des activités de Helpsimus pour l’année 2021 !

Couverture rapport annuel helpsimus 2021

Impact du cyclone Batsirai sur le programme Bamboo Lemur

Dans la nuit du 5 au 6 février 2022, le cyclone Batsirai a durement touché le sud-est de Madagascar traversant la région Vatovavy où Helpsimus est implanté.

© Cycloneoi.com & Windy.com

Ce cyclone tropical de forte intensité a provoqué d’importants dégâts contraignant près de 2700 personnes à fuir leur maison dans la Commune rurale de Tsaratanana.

Les maisons en bois dont la toiture se compose de feuilles de Ravenala n’ont pas résisté à des vents de plus de 170 km/h avec des pointes à 235 km/h.

© Impact Madagascar

Les fortes pluies engendrées par le cyclone ont été à l’origine de graves inondations dans certains villages. L’eau est ainsi montée jusqu’à 3 m à Sahofika.  

Village de Sahofika © Helpsimus

Beaucoup de routes ont été endommagées ou bloquées par la chute d’arbres isolant davantage de nombreux villages.

Les infrastructures scolaires comme les écoles de Sahofika et Ambodigoavy ont été parfois lourdement touchées.

cole de Sahofika © Helpsimus

L’aspect le plus dramatique concerne les cultures puisque beaucoup d’entre elles ont été détruites.

C’est un vrai désastre pour les habitants de la commune de Tsaratanana qui, pour l’essentiel, pratiquent une agriculture de subsistance.

Enfin, les groupes de lémuriens, en particulier les grands hapalémurs, se sont dispersés nécessitant de renforcer leur suivi.

Nous mettons actuellement en œuvre un plan d’action pour faire face aux conséquences de ce cyclone et limiter les pressions sur l’habitat des lémuriens qui vont inévitablement augmenter dans les semaines/mois à venir.

Il consiste à :

© Impact Madagascar

Gardiennage des rizières © S. Meys

© Helpsimus

© S. Meys

© S. Meys

Dans la commune de Tsaratanana, 27 écoles primaires et 2 collèges ont été complètement détruits par le cyclone.

Les 14 salles de classe en dur construites par Helpsimus ont dans l’ensemble bien résisté au cyclone.

Les dégâts sur nos infrastructures sont listés ci-dessous.

A Sahofika :

Bureau du VOI Samivar © Helpsimus

Cantine scolaire de Sahofika © Helpsimus

Camp de Sahofika © Helpsimus

© Helpsimus

A Vohitrarivo :

© Helpsimus

A Ambohipo :

© D. Roullet

© Helpsimus

© Helpismus

A Ambodigoavy :

© Helpsimus

Des dégâts importants ont également été constatés dans les écoles de Sahofika et Ambodigoavy sur les bâtiments qui n’ont pas été construits par Helpsimus :

Ecole d’Ambodigoavy © Helpsimus

Le 22 février, un deuxième cyclone a traversé la région Vatovavy : il s’agit du cyclone Emnati qui fort heureusement n’a pas significativement alourdi le bilan du cyclone Batsirai.

Cyclone Emnati © Cycloneoi.com & Windy.com

Nous ne pourrons pas protéger les lémuriens et leur habitat sans renforcer le soutien aux populations locales et leur garantir un minimum de sécurité alimentaire.

Nous avons pu démarrer plusieurs des activités décrites dans le plan d’action grâce au soutien d’ores et déjà obtenu de certains donateurs que nous remercions chaleureusement.    

Atelier mères-filles sur le cycle et l’hygiène menstruels

A Madagascar, près de 40 % de la population est âgée de moins de 15 ans, et près de 60 % de moins de 25 ans. L’indice de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) est égale à 5 enfants par femme. Ainsi, Madagascar présente l’un des taux de croissance démographique les plus hauts au monde.

L’avortement provoqué (ou interruption volontaire de grossesse) est la première cause de mortalité maternelle.

A Vohitrarivo, beaucoup de jeunes filles ne finissent pas leur enseignement primaire à cause d’une grossesse non désirée.

La plupart d’entre elles n’ont jamais reçu d’éducation sexuelle ou même d’information sur la menstruation avant l’arrivée de leurs premières règles qui a souvent été vécue comme un évènement traumatisant.

De vieux chiffons ou des feuilles font office de serviettes hygiéniques.

L’injection contraceptive, à l’origine d’effets secondaires importants, est la méthode de contraception utilisée par les femmes (et parfois les jeunes filles) dans la commune rurale de Tsaratanana.

Notre premier atelier mères-filles sur le cycle et l’hygiène menstruels a été organisé en janvier 2022 à Vohitrarivo avec l’aide d’Impact Madagascar dans le cadre d’un partenariat avec le Rotary Club Paris Est.

35 mères et leurs filles âgées de 11 à 60 ans ont participé à cet atelier au cours duquel différentes thématiques ont été abordées :

Des entretiens individuels ou en petits groupes ont été préalablement conduits dans le village avec les femmes pour déterminer leurs connaissances sur le sujet.

Entretiens individuels © Impact Madagascar

Des questions ont été posées après l’atelier aux participantes pour évaluer leurs acquis.

Le format a été plébiscité par les participantes qui ont apprécié pouvoir échanger entre elles, les plus anciennes partageant leur expérience avec les plus jeunes qui se sont senties plus en confiance pour poser des questions sur un sujet intime qui n’est pas toujours facile à aborder.

Atelier © Impact Madagascar

Toutes les participantes reconnaissent qu’il est indispensable que chaque adolescente reçoivent une éducation sexuelle.

Toutes ont acquis de nouvelles connaissances, en particulier sur le cycle menstruel, l’utilisation de serviettes hygiéniques adaptées, la grossesse, etc.

A l’issue de l’atelier, elles ont reçu des savons et des serviettes hygiéniques en coton fabriquées par les brodeuses du projet artisanal de broderie.

Cet atelier a pour but d’améliorer la vie et la santé des femmes mais aussi de prévenir les grossesses précoces. Celles-ci sont en effet à l’origine de problèmes de santé parfois graves (pouvant entrainer la mort) et de l’échec scolaire de nombreuses adolescentes.

Ainsi l’un des slogans de l’atelier est : « les femmes qui prospèrent, sont responsables de leur santé, prennent soin de leur avenir et leur enfants ».

Slogan de l’atelier © Impact Madagascar

Cet atelier, auquel est formée notre éducatrice, sera organisé pour tous nos villages partenaires.

Un atelier pères-fils devraient également être créé prochainement.

Evaluation du VOI SAMIVAR

Les 3 premières années de gestion du VOI Samivar ont été évaluées en 2021 et son plan d’aménagement a été mis à jour (sans changement majeur) :  

– le nombre de membres a augmenté, ils sont aujourd’hui 186 (vs. 138 au début de la mise en place du VOI) ;

– 78 patrouilles ont été effectuées par les 19 patrouilleurs du VOI en charge du contrôle des défrichements ;

Les patrouilleurs des 3 VOI © S. Meys

– le nombre de « tavy » (qui consiste à défricher puis à brûler une zone de végétation pour la mettre en culture) a diminué significativement depuis la mise en place du VOI.

Toutefois, on déplore la destruction de 4 ha de forêt qui ont été brûlés au cours de la dernière année : 3 ha dans l’une des zones de conservation et 1 ha dans l’une des zones de restauration (près du fragment forestier où est développé le projet d’écotourisme) ;

Tavy dans une zone de conservation Helpsimus

Tavy dans une zone de conservation © S. Meys

– les forêts de bambou se densifient dans les zones de restauration ;

– les populations de lémuriens augmentent ;

Lémur à ventre roux helpsimus

Lémur à ventre roux © S. Meys

– on observe que certains fragments forestiers commencent à se reconnecter ;

– les menaces sur les lémuriens ont diminué ;

– les conditions de vie dans les villages partenaires d’Helpsimus se sont améliorées.

Le contrat de gestion du VOI Samivar a été reconduit pour 3 années supplémentaires lors d’une cérémonie qui a eu lieu le 10 décembre 2021.

Cérémonie de reconduction du contrat avec le VOI Samivar © S. Meys

Représentants des autorités locales © S. Meys

Spectacle préparé par les enfants de l’école de Sahofika avec Mary notre éducatrice © S. Meys

Signature du contrat par le Président du VOI Samivar © S. Meys

Signature par la Présidente d’Helpsimus et la fondatrice d’Impact Madagascar © S. Meys

Ecotourisme et artisanat au service de la protection des grands hapalémurs

La population de grands hapalémurs que nous protégeons évolue dans un environnement très dégradé et fortement anthropisé composé de terres agricoles, de forêts de bambous et de petites portions de forêts rémanentes.

Au moment de la création des VOI (associations villageoises), l’écotourisme a été identifié comme un moyen de valorisation de la biodiversité et de développement de l’économie locale.

Ainsi, depuis 2018, nous développons un projet d’écotourisme dans l’un des fragments forestiers de Sahofika sur le territoire du Groupe 5 de grands hapalémurs.

Ce fragment forestier qui dépend du VOI SAMIVAR, borde la piste d’accès au village de Sahofika. Il est situé à une dizaine de km de la ville d’Ifanadiana.

Vilage de Sahofika, helpsimus
Sahofika © S. Meys

Le Groupe 5, composé de plus d’une soixantaine de grands hapalémurs, partage son territoire avec une famille de lémurs à ventre roux dont l’habituation a démarré en 2018.

Bébé grand hapalémur, Helpsimus
Grand hapalémur © S. Meys
Lemure à ventre roux, Helpsimus

Lémur à ventre roux © S. Meys

Un inventaire floristique a montré que le fragment forestier abrite plusieurs essences de bois précieux comme Dalbergia baroni (palissandre) ainsi que des espèces endémiques de Madagascar (Ravenala madagascariensis).

Forêt de Sahofika © D.Roullet

Les inventaires faunistiques en cours confirment la présence de nombreuses espèces animales : microcèbes (Microcebus spp.), cheirogales (Cheirogaleus spp.), mangouste à queue annelé (Galidia elegans), rats forestiers (plusieurs espèces), coua bleu (Coua caerulea), coua de Reynaud (Coua reynaudii), hibou malgache (Asio Madagascariensis) etc.

En octobre 2019, nous avons recruté 3 personnes parmi les membres du VOI SAMIVAR pour devenir guides touristiques. Leur formation qui devait durer 1 année a été prolongée jusqu’en 2022 à cause des confinements liés à la pandémie de Covid-19. En effet sur les 3 stages prévus initialement, les guides touristiques n‘ont pu en terminer qu’un seul pour l’instant dans le Parc national de Ranomafana.

Toutefois, depuis leur recrutement, les guides touristiques participent au suivi des animaux aux côté des agents Helpsimus ce qui leur a permis d’acquérir une bonne connaissance de la flore et de la faune présente dans le fragment forestier de Sahofika.

Guide touristique Helpsimus

Francine, Charles et Lova, guides touristiques de Sahofika © S. Meys

De plus, ils sont en charge depuis 2020 de l’habituation d’une femelle hibou repérée en 2017 à Sahofika.

Grand hiboux de Madagascar, Helpsimus

Jeune hibou © S. Meys

Quelques chemins ont été aménagés dans la forêt afin de faciliter la visite. Un bureau d’accueil des touristes a été construit à l’entrée de la forêt et un parking a été aménagé sur le bord de la piste, permettant aux visiteurs de stationner au plus près du bureau d’accueil.

Bureau touristique Helpsimus

L’entrée de la forêt de Sahofika © S. Meys

Des visites à la journée peuvent être organisées au départ de Ranomafana.

Si ce projet d’écotourisme vise à créer des revenus supplémentaires pour les communautés locales, son principal objectif est de valoriser les zones naturelles dans un site où les activités humaines sont très nombreuses.

La présence d’écotouristes qui feront un long voyage pour arriver jusqu’à Sahofika et visiter cette forêt afin d’y observer les animaux qui y vivent facilitera la prise de conscience par les communautés locales de la richesse de leur biodiversité.

Les écotouristes dont le nombre sera limité (l’accès au site reste difficile) vivront une expérience unique en observant l’un des lémuriens les plus menacés au monde dans des conditions exceptionnelles.

A travers ce projet, nous souhaitons non seulement impliquer à long terme les communautés locales dans la préservation de leur biodiversité mais également les écotouristes chez lesquels nous espérons susciter une envie de s’engager.

En parallèle à la visite de la forêt de Sahofika, nous développons 3 projets artisanaux complètement inédits dans nos villages partenaires :

– Le projet Bijoux en larmes de Job

Une créatrice de bijoux française a créé un bracelet et des boucles d’oreilles avec des graines issues d’une plante appelée « larmes de Job » qui pousse à l’état sauvage dans notre zone d’intervention.

Elle s’est rendue à Madagascar afin de former une douzaine de femmes à la fabrication de ces bijoux. Ceux-ci seront ensuite vendus en Europe sous le nom de la marque qu’elle est en train de créer, ce qui permettra de générer des revenus pérennes pour les femmes.

Projet Bijoux, Helpsimus
Boucles d’oreilles en larmes de Job © S. Meys

Quelques femmes fabriquent également les petites boîtes en raphia dans lesquelles sont présentés les bijoux.

– Le projet de sculpture en bois mort

Ce projet est né d’une rencontre à Sahofika avec un jeune homme du village qui sculptait des animaux en bois. Il a sollicité l’appui d’Helpsimus pour l’aider à acquérir des outils adaptés et perfectionner sa technique de sculpture.  

Ce sont finalement 3 personnes qui ont bénéficié d’une formation auprès d’un sculpteur professionnel malgache dont la particularité est de réaliser ses sculptures uniquement à partir de morceaux de bois ramassés au sol.

Sculpteur bois Helpsimus
Jo, sculpteur © S. Meys
Sculpture bois helpsimus
Quelques sculptures en bois © S. Meys

– Le projet de Broderie

Ce projet a été initié en collaboration avec un brodeur de Ranomafana.

© S. Meys

Deux femmes du village d’Ambodigoavy qui souhaitaient démarrer une activité similaire ont été invitées à participer à ce projet.   

Leur formation a été perturbée par la pandémie mais n’a toutefois pas été complètement interrompue.

Le projet d’origine qui visait à confectionner des sacs brodés a en effet été temporairement réorienté vers la fabrication de masques en tissu dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Elles ont pu ainsi se familiariser avec l’utilisation de leur machine à coudre. De plus, elles sont actuellement formées à la confection de serviettes hygiéniques en tissu. Ces activités annexes leur permettront à terme de ne pas être complètement dépendantes de l’écotourisme.  

Les produits artisanaux (excepté les bijoux) seront vendus dans une boutique que nous avons construite à l’entrée du parc national.

Ce local permettra aux artisans de vendre plus facilement leurs produits en les proposant directement aux touristes visitant le Parc national de Ranomafana. 

Boutique Helpsimus à Ranomafana © S. Meys

Nous prévoyons également de vendre d’autres produits, en particulier des objets en raphia fabriqués par quelques femmes de nos villages partenaires.

La mise en œuvre de ces différents projets a malheureusement été fortement ralentie par la crise sanitaire. Toutefois, ce délai imposé a bénéficié à leur maturation.  

Le fragment forestier de Sahofika devrait être ouvert à la visite en 2022, tout comme la boutique aménagée à l’entrée du parc national.

Ce projet est cofinancé par l’UICN Save Our Species. Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité d’Helpsimus et ne reflète pas nécessairement les vues de l’UICN.