Plus de 700 hectares de forêt protégés pour les grands hapalémurs !

  • Posted on: 18 septembre 2020

Depuis plus de 10 ans, Helpsimus se bat pour préserver à Madagascar l’une des plus grandes populations sauvages de grands hapalémurs (Prolemur simus), une espèce classée en danger critique d’extinction sur la Liste Rouge de l’UICN et dont les effectifs sont aujourd’hui estimés à environ 1500 spécimens.

Grand hapalémur © S. Meys

Nous travaillons non loin du Parc National de Ranomafana mais dans une zone non protégée et surtout fortement anthropisée puisque située sur les terres agricoles de plusieurs villages où nous suivons et protégeons actuellement près de 500 grands hapalémurs (soit environ 1/3 de la population globale sauvage). Leur habitat, constitué de forêts de bambou dont ils se nourrissent quasi exclusivement, y est particulièrement fragmenté par l’agriculture sur brûlis appelée « tavy ».

Site du programme Bamboo Lemur © S. Meys
Site du programme Bamboo Lemur © S. Meys

Notre objectif principal consiste à trouver un équilibre entre les besoins des hommes et ceux des lémuriens afin que tous cohabitent harmonieusement, tout en garantissant une gestion pérenne des ressources naturelles et un développement durable des communautés humaines. Pour y parvenir, nous avons mis en place une double stratégie : d’une part, nous cherchons à protéger l’habitat des lémuriens, et d’autre part nous aidons les communautés locales à développer des sources de revenus alternatives leur permettant de réduire les défrichements et la pression qu’ils exercent sur leur environnement.

Dans la zone où nous intervenons, la protection de l’habitat passe par la création d’associations villageoises appelées VOI. Leur objectif ? Identifier les zones à protéger en priorité et celles où les activités humaines peuvent se développer afin de définir un plan d’aménagement global de la zone. Nous avons déjà mis en place 3 VOI : Miaradia, Samivar et Manirisoa, ce dernier étant en cours d’officialisation. Leurs plans d’aménagement ont permis d’élever plus de 700 hectares de forêt en zones de conservation et de restauration. Constituées de fragments forestiers plus ou moins dégradés, ces zones abritent aussi des portions de forêt primaire où subsiste une diversité biologique exceptionnelle !

Notre programme de reforestation lancé en 2018 s’attache à restaurer les parties les plus dégradées des fragments de forêt présents sur le site et à aménager des corridors entre ces différents fragments de façon à assurer la continuité de l’habitat des lémuriens. Nous avons créé 2 pépinières et une 3ème verra le jour très prochainement. En 2019, plus de 6000 plants d’une vingtaine d’espèces forestières différentes ont été plantés !

Pépinière de Vohitrarivo © S. Meys

Parallèlement, nous cherchons à augmenter le niveau de vie des villageois afin qu’ils cessent de défricher les terres localisées sur le territoire des groupes de lémuriens. Ainsi, nous avons déjà formé plus d’une centaine de familles au Système de Riziculture Améliorée (SRA) qui permet de multiplier par 2 les rendements des rizières. Nous cherchons également à améliorer l’irrigation des cultures dont dépendent directement les résultats du SRA. En 2019, des canaux d’irrigation ont été aménagés ou rénovés ce qui a permis aux bénéficiaires du SRA du VOI Miaradia de pratiquer cette technique en 2020 malgré les fortes inondations qui ont frappé la région.

SRA © Palanque&Houdin
Aménagement de canaux d’irrigation © F. Perroux

Les cultures maraîchères, peu développées jusqu’ici, sont désormais un autre axe de développement important avec plus d’une quinzaine de variétés cultivées par 250 familles participant au programme. Enfin, nous avons démarré un programme de pisciculture qui regroupe pour l’instant une quinzaine de familles participantes.

Cultures maraîchères © Palanque&Houdin

Nous créons aussi de nouvelles Activités Génératrices de Revenus : formations à la fabrication d’artisanat (bijoux, sculptures, broderie…) destinées en priorité aux femmes et développement d’un projet d’écotourisme. Celui-ci permettra aux visiteurs de partir à la rencontre des grands hapalémurs dans deux fragments forestiers des VOI Samivar et Manirisoa. Nos inventaires faunistiques et floristiques (toujours en cours) ont déjà permis de révéler la présence d’espèces animales et végétales riches et diversifiées parmi lesquelles 5 autres espèces de lémuriens, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles…

© S. Meys
© S. Meys
Grand hapalémur à Sahofika © S. Meys

Les résultats que nous avons obtenus pour l’instant sont plus qu’encourageants : nous remarquons une implication accrue des communautés locales dans les actions que nous mettons en place, gage d’une confiance qui se renforce, et l’accompagnement que nous proposons semble répondre à leurs attentes. Une lueur d’espoir pour l’avenir de cette population unique de grands hapalémurs au sein de laquelle nous avons recensé 80 naissances en 2019 !

Ce projet est cofinancé par l’UICN Save Our Species. Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité d’Helpsimus et ne reflète pas nécessairement les vues de l’UICN.

More than 700ha of forest protected to conserve Greater Bamboo Lemurs!

For the past 10 years Helpsimus has been constantly fighting to protect one of the largest wild populations of Greater Bamboo Lemurs (Prolemur simus) in Madagascar, a species classified as Critically Endangered on the IUCN Red List and whose numbers are now estimated at around 1,500 specimens.

Greater Bamboo Lemur © S. Meys

We work nearby the Ranomafana National Park but in an unprotected and highly disturbed environment since it is located on the agricultural lands of several villages where we are currently monitoring and protecting nearly 500 Greater Bamboo Lemurs (i.e. around 1/3 of the global wild population). Their habitat, made up of bamboo forests they feed on almost exclusively, is extremely fragmented by the slash-and-burn agriculture locally called « tavy ».

Site of the Bamboo Lemur program © S. Meys
Site of the Bamboo Lemur program © S. Meys

Our primary objective is to find a balance between the needs of people and those of lemurs so that both can coexist harmoniously, while ensuring a sustainable management of the natural resources and a sustainable development of human communities. To achieve this goal, we have implemented a two-track strategy: on the one hand, we seek to protect the lemurs’ habitat, and on the other hand, we help local communities to develop alternative sources of income allowing them to reduce clearings and the pressure they exert on their environment.

In the area where we operate, habitat protection involves the creation of village associations called VOI. Their goal? Identify priority sites for conservation and those where human activities can be developed in order to define an overall management plan for the area. We have already set up 3 VOIs: Miaradia, Samivar and Manirisoa, the latter in the process of being officially formalized. Their management plans have allowed us to raise more than 700 hectares of forest into conservation and restoration zones. These areas are made up of more or less degraded forest fragments but also contain patches of primary forest where can be found an exceptional biological diversity!

Our reforestation program launched in 2018 aims to restore the most degraded parts of the forest fragments and to create corridors between them in order to ensure the continuity of the lemurs’ habitat. We have already created 2 tree nurseries and a third will be established very soon. In 2019, more than 6,000 seedlings of twenty different species were planted!

Tree nurseries of Vohitrarivo © S. Meys

Simultaneously, we seek to increase the living standards of the villagers so that they can stop clearing the land located on the territory of the lemur groups. Thus, we provided training to over 100 families in Improved Rice-growing System (SRA) that can double paddy fields’ yield. We also seek to improve the irrigation system upon which the results of the SRA depend directly. In 2019, several irrigation canals were built or renovated, which enabled the SRA beneficiaries from the VOI Miaradia to practice this technique in 2020 despite the severe flooding that hit the region.

SRA © Palanque&Houdin
Irrigation canals © F. Perroux

We’ve been focusing on the development of vegetable crops with more than fifteen varieties cultivated by 250 families who are participating in that program and we have started a fish farming program which currently benefits to around fifteen participating families.

Vegetable crops © Palanque&Houdin

We are creating new Income Generating Activities as well: training on crafts production primarily intended for women (jewellery, sculptures, embroidery, etc.) and development of an ecotourism project. The latter will allow visitors to meet Greater Bamboo Lemurs in two forest fragments of the VOI Samivar and Manirisoa. Our fauna and flora inventory (still in progress) has already revealed the presence of various species of plants and animals, including 5 other species of lemurs, birds, small mammals, reptiles…

© S. Meys
© S. Meys
Greater Bamboo Lemur in Sahofika © S. Meys

Our results so far are more than encouraging: we have noted an increased involvement of local communities in the activities that we are implementing, a sign of a growing confidence, and the support we provide seems to meet their expectations. A beacon of hope for the future of this unique population of Greater Bamboo Lemurs in which we recorded 80 births in 2019!

This project is co-funded by IUCN Save Our Species. The contents of this article are the sole responsibility of Helpsimus and do not necessarily reflect the views of IUCN.

Aidez nous à lutter contre la pandémie de COVID-19 qui touche le programme.

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